Historique
Le RICEIM à travers les époques
La communauté madelinienne se mobilise pour trouver une solution à ses enjeux de télécommunications avec le continent.

2000
La liaison micro-ondes assurant le transport des données numériques entre les Îles-de-la-Madeleine et le continent (Cap-Breton en Nouvelle-Écosse) présente des signes d’essoufflement. Le débit de transmission, lent et instable, suscite le mécontentement des internautes madelinots et cause des pertes d’efficacité aux entreprises et organisations locales.
À la même période, l’organisme régional « Réseau collectif de communications électroniques et d’outils de gestion de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine (Réseau collectif) » travaille sur un projet de déploiement d’une infrastructure large bande pour la région afin de donner accès à Internet haute vitesse aux MRC, municipalités, commissions scolaires et cégeps. La solution technologique retenue, pour la partie gaspésienne, consistera en une boucle en fibres optiques ceinturant la péninsule à partir de Sainte-Flavie. Pour les Îles-de-la-Madeleine, l’accès à Internet haute vitesse passera par un rehaussement des débits de transmission du lien micro-ondes existant.
Après plusieurs discussions avec les promoteurs du Réseau collectif et une analyse approfondie du projet et de ses retombées à long terme, les instances madeliniennes locales, sous l’égide du Centre local de développement, concluent en la nécessité de prendre en charge localement la documentation des options numériques d’interconnexion interrives envisageables. On fait alors appel M. Franklin Delaney, de la firme Consultations Delaney inc., pour mener une étude sur la question. À partir d’une analyse prospective liée à l’évolution des besoins de capacité de bande passante, le déploiement d’un câble sous-marin de fibres optiques reliant les Îles au continent s’impose alors comme étant le choix technologique à privilégier. L’étude conclut également en la nécessité d’une mise à niveau du réseau large bande sur le territoire des Îles afin de profiter pleinement des capacités de l’infrastructure sous-marine de fibres optiques à haut débit.
2003
La Municipalité, la Commission scolaire des Îles (Centre de services scolaire des Îles depuis 2020), la Chambre de commerce, la SADC, le Centre local de développement et le Centre régional de santé et de services sociaux (CRSSS) se mobilisent pour former l’organisme Réseau intégré de communications électroniques des Îles-de-la-Madeleine (RICEIM). Sa mission sera de favoriser le développement socio-économique, éducationnel et culturel des Îles-de-la-Madeleine au bénéfice des citoyens, entreprises et organismes publics et privés. Pour y parvenir, il compte déployer une infrastructure sous-marine de fibres optiques reliant les Îles-de-la-Madeleine au continent et s’assurer de la mise à niveau du réseau intraterritorial d’infrastructures large bande.
M. Franklin Delaney, de la firme Consultations Delaney inc., se voit confier la responsabilité de mener à bon port cet ambitieux projet pour la communauté des Îles-de-la-Madeleine.
Au printemps, le RICEIM lance un appel d’offres public portant sur les deux volets suivants : le déploiement et l’entretien de câbles sous-marins d’une infrastructure de fibres optiques reliant les Îles-de-la-Madeleine à la Gaspésie et son exploitation commerciale via la conclusion d’une convention de bail à long terme.
2004
Un pas historique est franchi dans l’évolution des liens de télécommunications avec le continent : les Îles-de-la-Madeleine sont reliées à la Gaspésie par une infrastructure sous-marine de fibres optiques. Le RICEIM obtient en effet la confirmation du financement du projet, soit un montant 13,8 M$ provenant, à parts égales, des deux paliers de gouvernement.
À l’automne, le fournisseur retenu au terme de l’appel d’offres, IT International Telecom, procède au déploiement des deux segments sous-marins de fibres optiques, COGIM 1 et COGIM 2, reliant les Îles-de-Madeleine (Anse à Borgot) à la Gaspésie (Anse à Beaufils). Une entente à long terme pour la maintenance et la réparation de l’infrastructure est également conclue avec l’entreprise. Télébec, seul télécommunicateur à avoir déposé une offre pour le deuxième volet, signera par ailleurs une convention de bail à long terme avec le RICEIM, lui fournissant la bande passante requise pour assurer l’exploitation commerciale de l’infrastructure.
2005
Le système COGIM est mis en opération. Les capacités de transmission font alors un bond prodigieux, passant de 134 Mb/s (capacité de bande passante de Télébec via son système micro-ondes entre les Îles-de-la-Madeleine et le Cap-Breton en Nouvelle-Écosse) à 622 Mb/s (représentant la capacité de bande passante louée par Télébec lors de la mise en service des câbles sous-marins).
2008
Avec l’autoroute électronique interrives déployée, le RICEIM s’attaque par la suite à la modernisation du réseau terrestre. Quatre appels d’offres successifs sont lancés afin que soient menés les travaux de modernisation du réseau desservant les clientèles affaires, résidentielles et institutionnelles. En raison de facteurs réglementaires, administratifs ou financiers, ces appels d’offres demeurent lettre morte.
2009
Le RICEIM obtient finalement la confirmation du financement du Gouvernement du Québec pour le déploiement d’un réseau large bande afin de desservir les établissements scolaires et municipaux. Au cours de cette période, le centre administratif et toutes les écoles de la Commission scolaire des Îles ainsi que l’Hôtel de Ville et les principaux bâtiments municipaux seront reliés par fibres optiques avec le fournisseur Télébec. Les points de services municipaux requérant des capacités moindres en bande passante (garages, réservoirs, puits, etc.) seront reliés par une technologie sans-fil déployé par Michaud Technologies.
Le coût de projet, établi à 3 M$, sera financé aux deux tiers par le Gouvernement du Québec et à un tiers par la Municipalité des Îles et la Commission scolaire des Îles dans le cadre du programme Villages branchés.
2015
En dépit des investissements importants pour le déploiement de la fibre optique sous-marine et le réseau large bande desservant les établissements scolaires et municipaux, la population, les entreprises et les organisations locales sont encore aux prises avec des services Internet en deçà des standards observés dans les grands centres. La communauté d’affaires et la population en général montrent des signes d’impatience.
Le RICEIM ne reste pas insensible à cette insatisfaction. Il confie à une firme spécialisée en études de marché des forfaits Internet, Lemay Yates et Associés, le mandat de faire l’analyse comparative de l’offre Internet disponible aux Îles-de-la-Madeleine avec celle offerte ailleurs au Québec et dans les Maritimes. Les conclusions confirment un retard important des services large bande d’affaires disponibles aux Îles-de-la-Madeleine, comparativement à ce qui est offert ailleurs au Québec et au Canada. Parmi les recommandations pour remédier à la situation, on y fait état de la nécessité qu’un plan soit mis en place pour un service large bande d’affaires offrant un minimum de 35 Mb/s en téléchargement et 10 Mb/s en téléversement.
2016
Face à cette disparité sans cesse croissante dans les performances Internet des grands centres versus les milieux ruraux, le CRTC (Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes) entreprend une vaste consultation publique sur l’avenir des télécommunications de base. Plusieurs citoyens, communautés et organisations, dont le RICEIM, y font valoir l’importance de reconnaître formellement les services Internet comme étant des services de base et de rehausser les cibles pancanadiennes, qualifiant un service Internet de haute vitesse qui était à l’époque de 5 Mb/s en téléchargement et 1 Mb/s en téléversement.
En réponse à l’expression de ces préoccupations nationales sur les disparités des performances Internet, le CRTC reconnaît officiellement que l’accès Internet à large bande est un service de base essentiel pour tous les Canadiens. Il émet aussi de nouvelles cibles en vertu desquelles un service Internet sera considéré comme étant de la haute vitesse : 50 Mb/s en téléchargement et 10 Mb/s en téléversement.
Pour soutenir cette vision, les deux paliers de gouvernement au Québec mettent en place des programmes d’aide visant à financer des projets d’infrastructures large bande. Un appel à projets est lancé par le Gouvernement du Québec auprès des municipalités, OBNL et des entreprises privées pour le déploiement d’infrastructures de transport numérique large bande au sein de leur territoire.
2017
Le RICEIM saisit cette opportunité et, avec Bell comme partenaire technologique (sélectionné au terme d’un appel d’offres public), dépose un projet visant à déployer la technologie de fibres directement à la maison sur tout le territoire madelinot. Le gouvernent arrête finalement son choix sur Dery Telecom (qui sera acquis par Cogeco), qui se voit ainsi attribuer les fonds publics pour livrer aux Îles-de-la-Madeleine les forfaits selon les exigences prévues aux programmes d’aide financière gouvernementaux.
2018 à aujourd'hui
Entre 2018 et 2023, d’importantes modifications sont apportées à la structure d’exploitation du réseau COGIM afin de permettre à Cogeco de transporter ses signaux Internet à ses abonnés sur l’archipel. Cela inclut :
- l’installation d’équipements d’interconnexion;
- la conclusion d’ententes d’attribution de fibres avec Bell et Cogeco.
Aujourd’hui, le système COGIM est exploité par deux grands joueurs du marché des télécommunications au Québec : Bell et Cogeco. Chacun utilise ses équipements optoélectroniques pour allumer les fibres qui leur sont attribuées sur les COGIMS, leur permettant d’offrir une gamme complète de services de télécommunications évolués à leur clientèle sur les Îles.
